Hard On For Jesus

Un jour il va bien falloir que tu payes , je t’amènerai la liste des courses, mes tickets de caisse, tu remboursera tout le whisky et le valium. Tu remboursera toutes les places de cinéma où le siège vide à côté se foutait de moi. Tu me feras aussi penser a te dire tout le mal que je pense des mouchoirs en papier du shopi d’en bas de ma rue. Tu viendra passer la serpillère, éponger le sang de ma dignité et ramasser les cendres d’un amour en carton auquel je croyais dur comme du fer pourtant.

C’est con a dire mais le temps ne vient pas a bout des blessures. C’est seulement les souvenirs qui s’en vont, les détails qu’on ne pensait jamais oublier, les odeurs, les éclats de rire, la façon de marcher ou de fumer. Je n’arrive même plus a trouver une chanson qu’on aimait écouter tous les deux. Je tombe sur des photos de toi l’autre fois, et je me dis « tiens, c’est la fille que j’aime » mais après je me souviens qu’en fait non, je ne t’aime plus. C’est à peine si tu me manques. Tu ferais bien de payer, je ferais mieux de m’installer définitivement dans un zoo.