Dans un peu plus de six mois, j’aurai vingt ans. 20 ans, je sais pas trop, un cap peut être, tout va changer ? Tout sera toujours comme ça à mon avis, je serai toujours comme ça aussi. Genre 19 + 1. Dammit. Aujourd’hui c’était bien, avec S au parc Monceau, a boire de la mauvaise sangria a même la bouteille, comme dans la chanson de Lou Reed. Et on se disait que parfois nos vies c’était des successions de clichés, et qu’on était pas sûrs que ça soit les bons. “You just keep me hanging on”. Je suis en train de joliment saloper mon année, mais ça va, c’est pas trop grave, parce que je me sens bien. En fait je pense qu’on est heureux, et qu’on ne le voit pas parce qu’on se croit trop malheureux, et la vie c’est ça. Je dirais même que sans trop en faire, la vie c’est parfois étonnant.
A l’heure où j’écris ces lignes S est dans ma cuisine, elle fait un gâteau au micro-ondes (c’est un space cake pour de vrai, mais faut pas le dire. Et aussi on va se marier parce que cette fille sait faire un gâteau avec un micro-ondes mais ça non plus faut pas le dire). Sa voix résonne dans l’appartement, ça me plait de l’entendre chanter« j’aime les fleurs et la fumée, je ne suis plus un révolté ». Je n’écris que de la merde, j’aurais presque honte que des gens lisent ça. Est ce que j’ai réellement besoin que des gens viennent voir de manière régulière l’état (parfois pitoyable qu’on se le dise) de ma vie ici ?